Adoptez une alimentation qui booste la fertilité

Quel rapport entre ce que vous mettez dans votre assiette et votre fertilité ? Le choix de votre alimentation influe directement, en mal ou en bien, sur l’état de votre santé générale. Tout ce que vous ingérez, votre corps l’utilise comme nutriments pour vos cellules afin de faire fonctionner correctement vos différents systèmes, immunitaire, nerveux, hormonal, et donc reproductif. En d’autres termes, choisissez un carburant efficace, et surtout de qualité, pour un système reproductif plus performant.

Chassez les carences !

La cause d’éventuelles petites carences en vitamines et minéraux peut provenir de deux causes, soit vous ne mangez pas assez « qualitatif », soit vous n’absorbez pas suffisamment bien ces nutriments. Pour mettre toutes les chances de votre côté, soignez votre flore intestinale en faisant une bonne cure de probiotiques. Une flore en mauvaise santé augmente les risques de carences.

Composez une assiette équilibrée et de qualité

Celle-ci sera riche en légumes de saison, biologiques, crus ou cuits en fonction de votre tolérance. Il en faut à chaque repas pour faire le plein de vitamines et minéraux. Accompagnez vos légumes d’une céréales complètes ou semi-complètes pour un apport en vitamines du groupe B et en fibres, comme du pain complet, des pâtes complètes, du riz complet… Ces vitamines sont indispensables pour votre organisme et boostent la fertilité, notamment la bien connue vitamine B9 ou acide folique qui prévient les fausses couches. On les retrouve également dans les paillettes de germe de blé, les œufs et la levure de bière. Et enfin, n’oubliez pas les protéines indispensables pour fabriquer un bébé. Protéine ne rime pas forcément avec viande. Le plus important est de consommer des protéines de qualité, et vous avez l’embarra du choix. Sachez les faire varier dans vos menus. Vous trouverez des protéines dans les produits animaux, viandes, poissons et crustacés, fromages, œufs, mais aussi dans les légumineuses, lentilles, pois cassés, pois chiche, haricots rouge, blancs ou noirs, et algues de mer (wakamé, nori). Deux « superaliments » vous aiderons à combler vos éventuelles carences. Il s’agit de la spiruline et de la protéine de chanvre. La première est une micro-algue d’eau douce qui contient 70% de protéines végétales, ainsi que toutes les vitamines et minéraux présents sur la planète. Elle est déconseillée aux personnes sous anticoagulants et aux colitiques. Si ce n’est pas votre cas, foncez car elle vous le rendra bien ! La deuxième est une excellente source de protéine végétale très facilement assimilable par l’organisme.

De bons acides gras

Ne partez pas en guerre contre le gras. Le bon gras est absolument nécessaire au bon fonctionnement hormonal, mais aussi à votre système cardiaque, nerveux et bien sûr reproductif. Ils vous aident également à lutter contre l’inflammation. Il vous faut apporter de bons acides gras dans votre alimentation car le corps ne sait pas les fabriquer. L’idéal est de trouver un bon ratio oméga3/Oméga 6. En Occident, nous consommons 20 fois plus d’Oméga 6 (huiles de tournesol et d’arachide) que d’Omega 3, alors qu’il faudrait en consommer maximum 4 fois plus. Vous trouverez des Omega 3 dans les poissons gras comme le saumon, le hareng ou le maquereau, mais aussi dans les huiles de colza, noix, cameline, dans les graines de chia, et dans l’huile de chanvre qui possède un ratio parfait Omega3/Omage6.

Evitez les aliments inflammatoires

Si vous souffrez d’endométriose ou de tout autre maladie inflammatoire, sachez que certains aliments ont tendance à augmenter l’inflammation. En premier lieu, le lait de vache et tous ses dérivés, beurre, crème, yaourts, fromages… Privilégiez les fromages de chèvre ou de brebis, et les laits et crèmes végétaux sauf celui de soja trop riche en œstrogène ! En effet, la protéine de lait de vache a tendance à irriter la flore intestinale et rendre cette dernière poreuse et propice aux inflammations. Le lactose se tolère très difficilement à l’âge adulte et provoque des problèmes de digestion qui encore une fois altère notre si précieuse flore intestinale. N’ayez crainte pour votre apport en calcium, celui du lait de vache n’étant de toute manière que très peu assimilable. Le lait de chèvre et de brebis en contiennent plus, et sinon, vous trouverez du calcium en grande quantité dans les légumes verts, les poissons comme la sardines, les amandes et même le thym. Pas de problème de calcium si vous composez une assiette équilibrée. Laissez le lait de vache aux veaux et vous découvrirez rapidement les bénéfices sur votre bien-être.  Le sucre blanc et tous les plats industriels doivent être limités car ils fatiguent le pancréas et le foie, et altèrent également votre flore intestinale et vaginale en laissant un terrain propice aux infections et aux mycoses.

Attention aux phytohormones !

De nombreux végétaux ont la particularité une fois ingérés d’augmenter votre taux d’hormones, que ce soit les œstrogènes, la progestérone ou même les androgènes. La plupart du temps, nous sommes saturés en œstrogènes notamment à cause des pesticides qui miment le fonctionnement de ces hormones. Les hyperœstrogènies peuvent engendrer des troubles du cycle, des douleurs prémenstruelles, voire de l’endométriose et dans les cas les plus graves des cancers du sein ou des ovaires. Chez l’homme, on peut obtenir une baisse significative de la production de spermatozoïdes. Il convient donc de choisir des aliments biologiques, de limiter sa consommation de soja, laits de soja, dessert au soja et bien sûr sauce soja (attention aux plats asiatiques), mais aussi huiles essentielles de cyprès, de niaouli, de sauge. Attention aux huile d’onagre et bourrache utilisées en cosmétique ou compléments alimentaire, et à ne pas abuser du persil, de l’avoine, et de l’alfalfa si vous aimez les graines germées. Désolée pour les amateurs de bières, mais le houblon est fortement oestrogénique. Cette liste reste non exhaustive, parlez-en à votre thérapeute naturopathe.

Zoom sur la vitamine E et le zinc

La vitamine E joue une action importante dans la tonicité de votre utérus car elle active la circulation sanguine et la cicatrisation. Une carence en vitamine E peut augmenter le risque de fausses couche et perturber les cycles. Chez l’homme elle réduit la mobilité des spermatozoïdes. Vous la trouverez en grande quantité dans l’huile de germe de blé que vous consommerez crue, au moins 2 cuillère à soupe par jour, et que vous conserverez au réfrigérateur. Le zinc augmente de son côté la qualité de l’ovulation, et active la spermatogénèse. Pour optimiser votre apport en zinc, consommez des fruits de mer, et notamment des huîtres, le germe de blé, le foie de veau (à choisir de qualité impérativement), le bœuf hâché, les lentilles, les graines de courge. Petite astuce ? Vous avez probablement une carence en zinc si vous apercevez des tâches blanches sur vos ongles.

Charlotte Régnier-Vigouroux, naturopathe